dimanche 22 mai 2011

Sparklehorse

S'il ne devait en rester qu'un, ce serait lui. Sparklehorse, le cheval étincelant. Fantasme musical absolu, énigme, ovni, miracle... Mille idées, mots et souvenirs fourmillent et me sautent à l'esprit quand on évoque ce nom onirique et poétique. Sparklehorse est la grâce permanente, c'est la mélancolie, le souvenir de l'enfance, c'est la fragilité de la nature... Et plein d'autres choses encore. L'imagerie et la musique du groupe constituent, dans mon petit système de valeurs personnel, un sommet inégalé de beauté.

Sparklehorse


Mais derrière Sparklehorse se cache un homme-orchestre visionnaire, l'archétype du génie solitaire, j'ai nommé Mark Linkous. La vie de Linkous est intimement lié à son œuvre, aussi le parcours du monsieur est particulièrement intéressant à retracer, permettant d'éclairer la beauté mystérieuse et énigmatique de la musique de Sparklehorse.

Originaire de Virginie, Linkous grandit dans une région ouvrière où la principale source d'emploi se trouve être l'exploitation minière...
Excédé par l'enfer musical dans lequel il se trouve (country et FM étant les deux seules mamelles auprès desquelles il peut s'abreuver), Linkous forgera très tôt sa différence en se laissant pousser les cheveux, se procurant tout les disques de punk qui lui passeront sous la main, et finissant par rejoindre un groupe de motards ultra-violents, "pire que les Hell's Angels"... Sa vie balancera alors entre épisodes violents et virées en moto, et l'histoire aurait très bien pu s'arrêter là... Si seulement la musique n'était pas devenue sa vocation.

Car dans le même temps, et c'est certainement ce qui le sauvera, il développe un amour profond pour certaines grandes figures du rock alternatif, au premier rang desquelles se trouve Daniel Johnston, Tom Waits ou Guided By Voices.
Tant et si bien qu'au milieu milieu des années 80, Mark part loin de chez lui, à New York, pour former un groupe de rock indé qui gravite dans le même milieu que les futurs membres de Cracker ou Camper Van Beethoven (deux groupes à écouter). La formation s'appelle Dancing Hoods et sonne plutôt bien à vrai dire, s'attirant même les louanges des géniaux Replacement. Malheureusement le succès ne sera jamais vraiment au rendez-vous, et malgré un départ pour la Californie, aucun contrat ne sera signé avec une major... Le groupe décide alors d'un commun accord de se dissoudre.

Dancing Hoods - Torn Away


Linkous n'a dés lors plus aucune illusion et se dit dégoûté par l'industrie musicale en général. La boucle est bouclée quand il décide de retourner d'où il vient en s'installant dans une ferme paisible au cœur des prairies verdoyantes de Virginie. Il suit une cure de désintoxication et reprend plus ou moins goût à la vie. Bien heureusement, il n'arrête pas la musique pour autant. Assagi de ses excès passés, il a tout le temps de se remémorer ses vieux souvenirs, de s'attarder sur les petits détails qui rendent la vie si belle et de ressasser ses éternelles obsessions, le tout en façonnant tranquillement de belles chansons très intimes à la guitare ou au piano (harmonica et orgues faisant aussi partie de son quotidien).

Mark Linkous - Excellentissime reportage en 5 parties!


L'homme a, à ce moment là, perdu tout intérêt commercial ou social dans la production artistique, composant ses chansons uniquement pour leurs beautés intrinsèques, sans aucun souci d'une vision extérieure sur sa musique... "C'est à partir de là que j'ai commencé à écrire de bonnes chansons" confiera-t-il plus tard. Son ancien compère de Dancing Hoods, David Lowery, émerveillé devant la qualité des essais solitaires de son camarade, insistera longtemps auprès de Linkous pour qu'il enregistre son œuvre. Mais il se heurte durant de longues années au refus de Linkous, qui pense alors sincèrement qu'enregistrer ses chansons leurs feraient "perdre leur innocence".
Ses compositions auraient au final très bien pu ne profiter qu'aux oiseaux, araignées et chiens de sa vieille propriété en bois de Virginie. Sa musique, belle et intacte aurait alors retentit pour toujours dans l'espace et le temps, et le monde n'aurait jamais rien su.

Sparklehorse - Babies Of The Sun


Mais à force de persistance et de persévérance, Lowery parviendra à capter l'essence de cette musique à la fois profondément sudiste et campagnarde, mais en même temps raffinée et cultivée, sur un premier album qu'il produira (de manière magistrale) lui-même: Vivadixiesubmarinetransmissionplot.
Un album au nom impossible, évoquant Tom Waits et son Swordfishtrombone, mais qui, s'y on le décompose avec attention, suggère la nature profonde de la musique de Sparklehorse: Viva Dixie Submarine Transmission Plot. Comme un plot de transmission perdu retrouvé au fin fond de l'océan après un naufrage, et qui révélerait un trésor immense, rappelant à la vie une musique d'un autre temps, trafiquée, abîmée après tant de temps et d'épreuves, mais recrachant une musique d'une beauté rêvée et fantasmée. Linkous est tel ce trésor repêché au fond de la mer, bien réel mais resté planqué si longtemps qu'il se serait parfaitement satisfait d'un oubli éternel.

Sparklehorse - Sad & Beautiful World - Ma chanson préférée de tout les temps de l'univers entier...


Sparklehorse - Rainmaker


Sparklehorse - Most Beautiful Widow In Town


La somme de toutes ces expériences, bribes de souvenirs et de mélodies, aboutira dans ce premier jet intemporel : un disque que je continue à considérer comme l'un des meilleurs de tout les temps, tout style confondus... On atteint ici un degré d'émotion, une cohérence, un niveau de production et de facilité mélodique totalement impensable. On est en présence d'une vraie œuvre d'art conçue comme telle, chose assez rare dans le monde du rock. C'est comme si Linkous avait passé des années à peaufiner le moindre détail présent sur ce disque... Rien ne semble être ici par hasard, tout paraît avoir un sens précis...

Sparklehorse - Cow


Sparklehorse - Someday I Will Treat You Good


Sparklehorse - Saturday


Sparklehorse - Heart Of Darkness


Plus concrètement, cet album synthétise à merveille mélodies et expérimentations. Le disque mêle élancées fracassantes et ballades mélancoliques apaisées. Les compositions balancent entre le meilleur de l'indie rock 80's/90's (Pixies, Dinosaur Jr, Sebadoh, Teenage Fanclub...), le folk plus traditionnel (Neil Young...), le rock dit "classique" (Beatles, Beach Boys...), et le tout agrémenté de quelques émanations punk (Hukser Dü, Sex Pistols) et expérimentales (Tom Waits). Voilà pour les influences ressenties.

Mais si cet ovni surgissant de nul part marque tant, c'est aussi par la force d'un univers qui impose une originalité décisive, démarquant le son du groupe de toutes les autres formations rock de l'époque. Sparklehorse est fondamentalement différent, et n'appartient de fait à aucun mouvement ni aucune "scène".
Cette identité si forte et si originale vient en partie de cet équilibre à la fois précaire et totalement cohérent de chansons tour à tour violentes et enragées, puis apaisées et mélancoliques. De la langueur des ballades sous le soleil on passe brutalement à la réalité du bitume, embarqués dans les virées en moto de Linkous. A l'image de la vie et des bons films, la musique présente ici est ambivalente et n'offre jamais une seule vision de l'affaire.

D'un point de vue sonique, la production exceptionnelle de Lowery parvient à faire ressortir magnifiquement la voix fragile de Linkous, qui semble toute proche de nos oreilles et n'hésite pas à chuchoter les plus belles mélodies. Le moindre petit détail, des petits bips électroniques aux grésillements de radios en passant par le vacarme du moteur de la monture de Linkous, tout sonne admirablement...

Quant aux paroles surréalistes de Linkous, qui reprennent toujours les mêmes obsessions, elles sont d'une poésie hallucinée qui rappelle sans cesse les grands auteurs sudistes admirés par le musicien, de Cormac McCarthy à J.T. LeRoy, sources d'inspiration continuelle pour Linkous. Les oiseaux, les chiens, sa Guzzi V7, sa cabane au fond des bois, les araignées, les gâteaux d'anniversaires, les radios et les enregistreurs trafiqués, les carrousels et les manèges, les longues soirée d'été, les vieilles guitares en bois, le whisky, les grandes plaines de West Virginia ou encore les chevaux galopants restant cependant, et de loin, les influences les plus perceptibles sur la musique du cheval étincelant...
Ces éléments semblent envahir les moindres recoins de cette musique, et les différents clips tournés pour des chansons issus des deux premiers albums ne s'y tromperont pas, en représentant à merveille cet univers et participant à forger un mythe tenace (voir les clips de Hammering The Cramps, Someday I Will Treat You Good, Rainmaker, Sunshine, Heart Of Darkness, Babies On The Sun, Saint Mary, etc...).

Sparklehorse - Hammering The Cramps (qualité sonore moyenne)


Sparklehorse - Spirit Ditch


Sparklehorse - Homecoming Queen


Sparklehorse - Gasoline Horseys


On l'aura donc compris, Sparklehorse frappe très fort avec ce premier album monumental. Pourtant le plus étonnant est ce qu'il se passera après.

Alors que Linkous et sa bande récoltent un succès tout relatif après la parution de ce premier album (quelques clips sont réalisés, "Someday I Will Treat You Good" se classe correctement dans les charts indépendants américains), le groupe est invité par Radiohead - des fans - à faire leur première partie dans une grande tournée européenne qui aura lieu en 1996.

Le public Européen est, à cette période là, en pleine Creep-mania, et Sparklehorse est chargé d'ouvrir une série de shows dans des salles immenses et pleines à craquer... Le groupe n'est alors pas du tout préparé pour affronter une telle pression, et c'est face à un auditoire complètement odieux, sourd, aveugle et irrespectueux, préférant beugler plutôt que d'écouter la musique miraculeuse qui leur était jouée, que le timide Mark Linkous est obligé d'exécuter son répertoire chaque soir...
C'est ce même public qui exultera quelques minutes plus tard quand retentiront les premiers accords de l'atroce Creep, sommet absolu de l'horreur rock, longue plainte gémissante et dépressive d'un Thom Yorke s'auto-dénigrant devant une foule de groupies déchaînées à ses pieds... Décidément, ce pauvre monde ne tourne pas rond.

Pour Mark, cette tournée est un vrai calvaire. Il vit très mal l’accueil du public et sombre dans la dépression, la vraie, alcools et drogues diverses aidants...
Cette situation dure un petit moment, jusqu'à une tragique nuit dans un hôtel londonien, au cours de laquelle Linkous fait une overdose d'un cocktail réunissant alcool, valium, héroïne et antidépresseurs. Quand il est retrouvé sur son lit, il est inconscient et ses jambes viennent de passer 14 heures pliés sous le poids de son corps. Le sang ne circulant plus, il fait une attaque cardiaque qui le laissera cliniquement mort pendant plus de deux minutes... Avant de revenir miraculeusement à la vie grâce à une séance électrochocs. Les docteurs pensent alors sérieusement à amputer les deux jambes, et il devra subir des opérations à répétition.
Il réussira finalement à conserver ses membres inférieurs, mais passera plus de 6 mois à l'hôpital puis en chaise roulante. Jusqu'à la fin de sa vie il gardera les séquelles de cet évènement tragique, marchant de manière mal assurée, toujours claudiquant et s'aidant parfois d'une béquille (oui oui, ça va, à la Docteur House).

Cet épisode tragique finira de magnifier la légende Sparklehorse et celle de son leader, Mark Linkous. La légende d'une musique et d'un artiste miraculés... Le destin aurait très bien pu nous priver de la musique de Sparklehorse avant même les débuts du groupe (la vie agitée de Linkous, son refus initial de capter sur bande son art) et de nouveau juste après la parution du premier album.
La vie de Linkous et celle de sa musique semblent donc ne tenir qu'à un fil, et on se sent d'autant plus privilégié de pouvoir entendre son œuvre.

S'il est mal en point physiquement, Mark n'a pas pour autant perdu ses facultés artistiques. Revenu littéralement d'entre les morts, notre miraculé accouchera d'un deuxième album hallucinant: Good Morning Spider. Long disque beau et varié comme le précédent, cette galette se distingue par des violons et des bruits électroniques plus présents que précédemment. Sparklehorse pousse plus loin ce qui avait été fait avant, tout en conservant cette identité si particulière qui a fait son charme. Les accents sont ici plus sombres, pourtant les superbes mélodies aériennes et mélancoliques sont toujours là...

Sparklehorse - Sunshine


Sparklehorse - Saint Mary


Sparklehorse - Pig


Sparklehorse - Sick Of Goodbyes


On entend ici le bruit de la pompe à morphine qui le maintenait envie après son accident, là le son d'un vieille orgue électrique trafiqué qui rappelle Daniel Johnston (dont une superbe reprise, Hey Joe, est présente sur l'album!).
"Les détails font la perfection, et la perfection n'est pas un détail" comme qui dirait...

Avec une chanson comme Ghost of His Smile, Sparklehorse préfigure de plusieurs années Grandaddy et invente, dés 1998, comment faire du rock au XXIème siècle...

L’œuvre présentée ici est évidemment encore une fois aboutie et maîtrisée de bout en bout.

Sparklehorse - Junebug


Sparklhorse - Ghost Of His Smile


Sparklehorse - Maria's Little Elbows


Sparklehorse - Chaos Of The Galaxy / Happy Man


Sur l'album suivant, Sparklehorse poursuit son cheminement artistique et cette trajectoire logique qu'il avait entamée avec ses deux essais précédents. Sur sa troisième œuvre d'art, Linkous réagit aux critiques qui traitent sa musique de déprimante et leur livre un album d'une beauté irradiante, sous forme d'offrande - ce bouquet de fleurs de la pochette - accompagné de ce titre définitif: It's A Wonderful Life.
Musicalement, Linkous s'est ouvert au monde et a réussit à prendre son courage à deux mains pour inviter son idole, Tom Waits, à chanter sur le titre Dog Door. PJ Harvey, Nina Persson ou Vic Chesnutt (autre génie méconnu d'ailleurs) sont également de la fête, et le résultat est aussi impressionnant que sur les disques précédents. Sparklehorse a encore évolué pourtant: les violons, beaux et grinçants, omniprésents sur l'album, doivent suivre les visions de Linkous qui leur ordonne de jouer "comme ceux de l'orchestre du Titanic, qui continuaient à jouer alors que le paquebot s'enfonçait dans les eaux glaciales de l'Atlantique Nord".
L'aspect électronique est également plus présent, ainsi que les harmonies vocales divines. Notre homme daigne de moins en moins chanter à pleine voix, et préfère laisser la paroles aux autres, trafiquer sa voix ou chuchoter sur des compositions de plus en plus lentes et intimistes...

Sparklehorse - It's A Wonderful Life


Sparklehorse - Little Fat Baby


Sparklehorse - Apple Bed


Sparklehorse - Sea Of Teeth


Il s'agit là certainement de l'album le moins "commercial" de la discographie du groupe, et c'est pourtant celui qui restera le plus célèbre après coup. Le disque est à vrai dire souvent très noir et assez désespérant... D'une beauté désespérante, mais aussi d'une tristesse et d'un mal-être profond.
La douleur n'est plus ensoleillé comme avant. Elle ici enveloppée d'une brume épaisse et semble désormais sans issue ni espoir.
Après cet album, Linkous va plonger dans une profonde dépression qui l'éloignera du monde de la musique pour pas moins de 5 ans, ses amis les plus chers "mourant les uns après les autres" à cette période de sa vie, comme il le confessera plus tard... Et cinq ans, c'est long dans le monde de la musique.

Sparklehorse (& PJ Harvey) - Piano Fire


Sparklehorse (& Nina Persson) - Gold Day


Sparklehorse - More Yellow Birds


Sparklehorse - Comfort Me


Après It's A Wonderful Life, Linkous est donc au fond du trou, et ne trouve plus la force, ni le goût pour la vie, celui qui nous pousse à se lever le matin. De cette tristesse infinie résultera des chansons comme Return To Me, présentes sur le 4ème et dernier vrai album à part entière de Sparklehorse. L'album s'appelle Dreamt For Light Years In the Belly Of A Mountain et parait (finalement!) en 2006.

Les chansons ralenties et déprimées sont, comme d'habitude, associées à des compositions entraînantes et mélodiques, aux refrains évoquant la plus belle pop des 60's... Et puis toujours ce souci infernal du détail qui rendent ces 4 albums d'une richesse et d'une beauté qu'on ne cessera jamais de redécouvrir.

Sparklehorse - Return To Me


Sparklehorse - Some Sweet Day


Sparklehorse - Please Don't Take My Sunshine Away


Sparklehorse - Knives Of Summertime


De la langueur de Morning Hollow on navigue à la pop sidérante (et très Beatlessienne) de Some Sweet Day, comme si de rien n'était...
En fait Sparklehorse continue à faire du Sparklehorse, et on ne remerciera jamais assez le Seigneur pour cette galette, alors qu'après 5 ans d'attente tout semblait finit. Une fois encore, Linkous parvient à s'extirpe des profondeurs de l'enfer pour nous raconte ses peines, ses blessures et ses joies avec une émotion pudique, parée de mille voiles.

Jamais plus on entendra musique si belle.

Sparklehorse - Morning Hollow


Sparklehorse - See The Light


Sparklehorse - It's Not So Hard


Sparklehorse - Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain


Suite à ce retour, un disque en collaboration avec Danger Mouse et David Lynch verra le jour. Mais trop a déjà été dit sur ce projet dans la presse, aussi je préfère passer sous silence cet épisode qui finira de me faire haïr les majors et tout spécialement ces enfoirés de chez EMI.


L'épilogue de l'histoire a lieu un après-midi d'avril (le 6 avril 2010 pour être précis) à Knoxville, Tennessee. Linkous se réfugie à l'extérieur de la maison d'un de ses amis, où il résidait alors temporairement. Il connait alors de sérieux "problèmes familiaux et conjugaux". Toujours avec son revolver sur lui, Linkous sort alors son flingue, le dirige contre sa poitrine et se tire une balle en plein coeur. Quand les secours arrivent, Linkous est déclaré mort. Il ne laisse aucune note pour expliquer son geste.

Cette nouvelle m'a évidemment bouleversé plus qu'aucune autre. Comme l'impression de perdre un ami très proche que je n'aurais jamais eu l'occasion de rencontrer. Comme un puissant sentiment d'abandon, de colère et de tristesse qui prend à la gorge. En se suicidant, Linkous a laissé tomber tout ceux pour qui sa musique comptait réellement dans leurs vies. Et puis en même temps, il est simplement impossible de sincèrement lui en vouloir...

La veille de sa mort, lors d'une belle après-midi ensoleillée, j'avais joué Sad & Beautiful World à un ami à la guitare. Il a dit que c'était "très beau". Je lui ai rétorqué que c'était ma chanson préférée, et qu'un jour j'irai aux Etats-Unis s'il le faut pour voir Mark Linkous la jouer.
Le lendemain, l'âme de Sparklehorse n'était plus.

"There's a heaven and there's a star for you".

3 commentaires:

  1. Superbe article , très touchant .. Etant moi aussi un grand fan de Sparklehorse , j'ai exactement le même ressenti sur tout ce qui est dit dans cet article .. La qualité du songwriting de Linkous est fabuleuse , j'ai envie de qualifier sa musique de tristement merveilleuse .

    Encore bravo , ça réchauffe le coeur de voir qu'il n'est pas oublié ...

    Si vous n'avez pas déja vu , voici les démos de " Salt Chunk Mary " un ancien groupe de Linkous, en 1993 : http://www.chromewaves.net/2010/11/mark-linkous-salt-chunk-mary-demos/

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire... Effectivement, ça fait chaud au coeur de voir qu'on est quand même quelques uns à avoir souffert de cette perte incroyable...
      Et tu ne te rends pas compte à quel point ton lien a égayé ma soirée... Je connaissais Dancing Hoods, mais là Salt Chunk Mary c'est carrément tout bon! Merci infiniment donc cher "Anonyme"! ( :

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  2. Immense article pour un groupe (ou plutôt un artiste) qui ne l'est pas moins. Sparklehorse reste bcp trop sous-estimé et/ou méconnu à mon goût. Pour moi, son sommet se nomme it's a wonderful life et son meilleur morceau, finalement le dernier et donc celui qui conclut son 4e et dernier album, le sublime (et le mot est failble) Dreamt Light for years in the belly of a mountain.

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