Voici une toute nouvelle rubrique que j'inaugure aujourd'hui et qui a pour but de vous faire découvrir à chacune de ses apparitions quelques morceaux folk au sens large, c'est à dire des chansons souvent guitare-voix et souvent "mélancoliques".
Commençons donc avec le tout nouveau morceau d'un de mes folkeux préférés de ces 20 dernières années : le tendre M. Ward et sa voix de miel. La chanson ici présente vient de sortir et annonce l'album qui est sensé suivre et qu'on attend dores et déjà de pied ferme. Cette sublime chanson nous rappelle au passage pourquoi on aime tant M. Ward : ses ballades atmosphériques et comateuses sont pratiquement ce qui se fait de mieux pour rêvasser au soleil l'été au bord d'un ruisseau. Rien que pour ça, merci Mister Ward.
M. Ward - The First Time I Ran Away
Plus les années passent et plus je bénis cette Terre de nous avoir donné la Blogothèque et ses Concerts à Emporter. Ceux-ci donnent parfois (souvent) lieu à des choses carrément intemporelles, comme ce moment magique capté par l'équipe de Frenchies avec Kurt Vile et ses acolytes chevelus. Ici l'histoire du "business man" sera sujette à des fantasmes divers et variés... Mais c'est ça aussi l'art: le don de faire rêver les gens à partir de pas grand chose.
A déguster sans modération.
Kurt Vile - Baby's Arms (Live)
Puisqu'on parle de la Blogothèque, autant continuer! Ici, ils ont réussit à capter le génie derrière Iron & Wine, Sam Beam, qui signe devant leur caméra un Tree By The River à faire pleurer un âne mort.
Sam Beam (Iron & Wine) - Tree By The Water (Live)
Et puis pourquoi ne pas se référer au maître de tous les folkeux qui se respectent? J'ai nommé Bob Dylan qui interprète ici devant un Donovan médusé une superbe version d'une des chansons les plus sublimes du songwriter : la peu connue Love Minus Zero / No Limit.
Bob Dylan - Love Minus Zero / No Limit (Live)
Enfin pour finir, quelque chose de particulièrement intense. On atteint ici des sommets d'émotion et de tristesse. Brut, fin, intense et beau en même temps, Conor Oberst, tête pensante de Bright Eyes, est ici au sommet de son art et délivre une version bouleversante de son "Waste of Paint".
Bright Eyes - Waste Of Paint (Live)
P.S.: Préparez-vous à l'arrivée du nouveau Magnetic Fields, c'est pour bientôt! Youpiiiii!!!
P.S.(2): Le dernier album d'Air, bande-son de la version restaurée du film Le Voyage Dans La Lune de Méliès, est très beau.
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dimanche 5 février 2012
mercredi 4 mai 2011
Bright Eyes
Aujourd'hui un des songwriters les plus tristes et les plus doués de ces 10 dernières années. Actif depuis l'âge de 13ans(!), le petit génie Conor Oberst publie dans son adolescence d'innombrables disques sous divers noms (le principal devenant Bright Eyes) et se forge une réputation de chanteur et de compositeur dépressif, le tremolo exagéré, flirtant avec l'"émo", hurlant son désespoir sur des compositons très lo-fi...
Quelques unes de ses meilleures chansons de ses très jeunes années seront compilées sur l'album "A Collection Of Songs Written And Recorded 1995 - 1997".
Comme on pouvait s'en douter, le garçon n'est pas allé très loin comme ça, même s'il aura signé quelques très bonnes et honnêtes chansons (Saturday As Usual, Lila etc...)
Bright Eyes - Saturday As Usual
Bright Eyes - Lila
En 1998 et 2000, Oberst publie deux albums très sombres et assez oppressants, Letting Of The Happiness et Fevers And Mirrors, qui contiennent chacuns leurs lots de très bonnes chansons, Fevers étant quand même largement meilleur.
Brigh Eyes - If Winter Ends
Bright Eyes - An Attempt To Tip The Scales
Mais c'est avec Lifted qu'il livre son premier recueil de très haut niveau. Le son est encore très lo-fi, l'emphase dans le désespoir très présente, mais il y a ici une diversité de chansons qui nous laisse respirer et nous permet d'apprécier pleinement des complaintes comme Waste of Paint, aux paroles terribles ou la très très personnelle You Will. You? Will. On a rarement atteint de tels sommets d'émotion...
Bright Eyes - You Will. You? Will. You? Will.
Bright Eyes - Waste Of Paint (Live) (La version live est meilleure)
Alors qu'on pensait qu'Oberst avait atteint le sommet de son art avec Lifted, il dépasse en fait largement cet album avec le suivant, I'm Wide Awake, It's Morning, bien plus apaisé et mieux enregistré que ses précédents. Un album que j'ai écouté des milliers de fois à vrai dire...
Oberst s'inscrit ici dans la grande tradition des songwriters folk américains, Bob Dylan, Neil Young, Nick Drake, Will Oldham, Elliott Smith,... Les mélodies sont hallucinantes tout au long du disque qui ne compte pas une fausse à note. Les paroles sortent de l'intimité pour s'ouvrir au monde et parler de la guerre, de la révolution, se faisant militantes sur certaines compositions. Le niveau d'écriture est tout simplement magistral.
Du coup je ne peux pas faire autrement que de mettre les vidéos de 7 morceaux de cet album qui a tellement compté pour moi...
Bright Eyes - At The Bottom Of Everything
Bright Eyes - First Day Of My Life
Bright Eyes - Lua
Brigh Eyes - We Are Nowhere And It's Now
Bright Eyes - Landlocked Blues
Bright Eyes - Poison Oak
Bright Eyes - Road To Joy
Cependant le véritable exploit est d'avoir publié en même temps qu'I'm Wide Awake un autre disque totalement délectable mais dans un style diamétralement opposé. Là où le classicisme d'I'm Wide Awake reposait sur des guitares acoustiques, A Digital Ash In A Digital Urn se base avant tout sur des synthétiseurs!
Il en résulte un album assez sombre, plus proche des Cure ou de New Order cette fois, dont on redécouvre la richesse à chaque écoute. Il y a quelque chose de fascinant dans cette galette, un goût de reviens-y...
Et encore la virtuosité de l'écriture sur la désespérante Easy/Lucky/Free:
Bright Eyes - Easy/Lucky/Free
Suite à ce coup de maître on se demandait bien ce que pouvait faire Conor Oberst... La réponse est un autre disque hallucinant de beauté. Continuant sa trajectoire artistique, Cassadega peut compter sur un son sublime, poli, aidé de violons soyeux et de choeurs biens sentis sur de nombreux titres. Les arrangements touchent au divin sur cet album à vrai dire, le son est proche de l'orgasme auditif, alors qu'il était si Lo-Fi 5 ans auparavant... Cassadega est un voyage, un rêve, une expériece mystique...
C'est peut-être moins personnel qu'I'm Wide Awake, It's Morning, qui aura toujours une place particulière dans mon coeur, mais on est néanmoins en présence d'une oeuvre d'une beauté renversante.
Avec Four Winds, tout violons dehors, jamais on aura entendue une si belle attaque contre la religion... Les paroles sont salvatrices, enfin quelqu'un qui ose dire les choses!
"Your class, your caste, your country, sect, your name or your tribe, there's people always dying trying to keep them alive. (...) The Bible is blind, The Torah is deaf, the Coran is mute, if you burn them all together you'd be close to the truth!"
Bright Eyes - Four Winds
Bright Eyes - I Must Belong Somewhere
Bright Eyes - No One Would Riot For Less
Bright Eyes - Lime Tree
Quelques unes de ses meilleures chansons de ses très jeunes années seront compilées sur l'album "A Collection Of Songs Written And Recorded 1995 - 1997".
Comme on pouvait s'en douter, le garçon n'est pas allé très loin comme ça, même s'il aura signé quelques très bonnes et honnêtes chansons (Saturday As Usual, Lila etc...)
Bright Eyes - Saturday As Usual
Bright Eyes - Lila
En 1998 et 2000, Oberst publie deux albums très sombres et assez oppressants, Letting Of The Happiness et Fevers And Mirrors, qui contiennent chacuns leurs lots de très bonnes chansons, Fevers étant quand même largement meilleur.
Brigh Eyes - If Winter Ends
Bright Eyes - An Attempt To Tip The Scales
Mais c'est avec Lifted qu'il livre son premier recueil de très haut niveau. Le son est encore très lo-fi, l'emphase dans le désespoir très présente, mais il y a ici une diversité de chansons qui nous laisse respirer et nous permet d'apprécier pleinement des complaintes comme Waste of Paint, aux paroles terribles ou la très très personnelle You Will. You? Will. On a rarement atteint de tels sommets d'émotion...
Bright Eyes - You Will. You? Will. You? Will.
Bright Eyes - Waste Of Paint (Live) (La version live est meilleure)
Alors qu'on pensait qu'Oberst avait atteint le sommet de son art avec Lifted, il dépasse en fait largement cet album avec le suivant, I'm Wide Awake, It's Morning, bien plus apaisé et mieux enregistré que ses précédents. Un album que j'ai écouté des milliers de fois à vrai dire...
Oberst s'inscrit ici dans la grande tradition des songwriters folk américains, Bob Dylan, Neil Young, Nick Drake, Will Oldham, Elliott Smith,... Les mélodies sont hallucinantes tout au long du disque qui ne compte pas une fausse à note. Les paroles sortent de l'intimité pour s'ouvrir au monde et parler de la guerre, de la révolution, se faisant militantes sur certaines compositions. Le niveau d'écriture est tout simplement magistral.
Du coup je ne peux pas faire autrement que de mettre les vidéos de 7 morceaux de cet album qui a tellement compté pour moi...
Bright Eyes - At The Bottom Of Everything
Bright Eyes - First Day Of My Life
Bright Eyes - Lua
Brigh Eyes - We Are Nowhere And It's Now
Bright Eyes - Landlocked Blues
Bright Eyes - Poison Oak
Bright Eyes - Road To Joy
Cependant le véritable exploit est d'avoir publié en même temps qu'I'm Wide Awake un autre disque totalement délectable mais dans un style diamétralement opposé. Là où le classicisme d'I'm Wide Awake reposait sur des guitares acoustiques, A Digital Ash In A Digital Urn se base avant tout sur des synthétiseurs!
Il en résulte un album assez sombre, plus proche des Cure ou de New Order cette fois, dont on redécouvre la richesse à chaque écoute. Il y a quelque chose de fascinant dans cette galette, un goût de reviens-y...
Et encore la virtuosité de l'écriture sur la désespérante Easy/Lucky/Free:
Bright Eyes - Easy/Lucky/Free
Suite à ce coup de maître on se demandait bien ce que pouvait faire Conor Oberst... La réponse est un autre disque hallucinant de beauté. Continuant sa trajectoire artistique, Cassadega peut compter sur un son sublime, poli, aidé de violons soyeux et de choeurs biens sentis sur de nombreux titres. Les arrangements touchent au divin sur cet album à vrai dire, le son est proche de l'orgasme auditif, alors qu'il était si Lo-Fi 5 ans auparavant... Cassadega est un voyage, un rêve, une expériece mystique...
C'est peut-être moins personnel qu'I'm Wide Awake, It's Morning, qui aura toujours une place particulière dans mon coeur, mais on est néanmoins en présence d'une oeuvre d'une beauté renversante.
Avec Four Winds, tout violons dehors, jamais on aura entendue une si belle attaque contre la religion... Les paroles sont salvatrices, enfin quelqu'un qui ose dire les choses!
"Your class, your caste, your country, sect, your name or your tribe, there's people always dying trying to keep them alive. (...) The Bible is blind, The Torah is deaf, the Coran is mute, if you burn them all together you'd be close to the truth!"
Bright Eyes - Four Winds
Bright Eyes - I Must Belong Somewhere
Bright Eyes - No One Would Riot For Less
Bright Eyes - Lime Tree
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