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dimanche 1 janvier 2012

Perles Pop (2)

Voici la deuxième édition de la rubrique "Perles Pop"! Avec du très très lourd cette fois-ci. Vraiment, là, j'y ai mis tout mon coeur.

Big Star - Thirteen

Voici la ballade la plus sublime du groupe de Chilton et Bell, pourtant pas avare en la matière. Cette complainte d'une beauté et d'une innocence incroyable atteint un tel niveau de perfection qu'elle rendrait fous de jalousie tous les Paul McCartney, Brian Wilson ou Ray Davies du monde. Une preuve de plus, s'il en fallait une, du génie absolu de Big Star.




Felt - The World Is As Soft As Lace

Il faudrait un jour que j'évoque ici plus en détails mon amour infini pour le groupe de Lawrence... Cet ovni totalement oublié des années 80 a laissé derrière lui une oeuvre immense, 10 albums et 10 singles en 10 ans. Parfait même dans les chiffres. Au fil des années, on a vu Felt tout faire, des albums instrumentaux, d'autres définitivement pop, certains carrément psychédéliques...
Ce bijou n'est qu'un exemple parmi d'autres du génie absolu du guitariste originel de la bande, Maurice Deebank, qui tresse ici une mélodie d'une beauté solaire, avec un son d'une pureté inimaginable... Tout ici est très caractéristique du quasi-instrumental second album du groupe, l'excellentissime The Splendour Of Fear.
Il suffit de tendre l'oreille. C'est cadeau. (Et ça démarre à 1:00).




Chris Bell - You And Your Sister

En solo, l'ex Big Star est célèbre pour avoir publié un album inouï: I Am The Cosmos, album à la beauté fulgurante qui finira de faire rentrer Bell dans l'histoire de la pop music. Ici aidé par son ancien compère Alex Chilton aux choeurs (qui à la même époque venait d'ailleurs d'achever un chef-d'oeuvre immense pour Big Star, l'album Third/Sister Lovers), Chris Bell produit avec ce "You And Your Sister" divin une ballade pop d'une pureté renversante.
On sait ce qui arrivera ensuite... Fauché à 27 ans, comme bien d'autres génies avant lui. Dommage que le monde l'ait oublié, il méritait infiniment mieux.




Dennis Wilson - River Song

Après un ex-Big Star en solo, voici un ex-Beach Boys en solo! Et par n'importe lequel: Dennis Wilson, le seul vrai surfeur de la bande, écorché vif loin de l'image de bons garçons des Beach Boys, sortait en 1977 l'album Pacific Ocean Blues. Un disque complexe, sublimement pop et hautement dérangé, marqué par la drogue, mêlant d'étranges éléments électroniques à des choeurs et des mélodies parfois célestes. Redevenu célèbre après sa réédition en 2008, l'album n'est pourtant pas à mettre entre toutes les mains... Quoi qu'il en soit, voici l'une des plus belles compositions du disque. La très grande River Song:




The Pastels - Million Tears

Les gentils Pastels sont victimes d'un véritable culte auprès de quelques amateurs de pop indé. Assez représentatifs du son twee pop et C86, le groupe se distinguait cependant des autres par un charmant côté amateur et DIY qui font d'eux une formation assea à part dans le paysage musicale de l'époque. Admiré par quelques grands groupes, restés pourtant quasi-inconnus du grand public, les Pastels développèrent un son toujours assez Lo-Fi qui ira du rock saturé à la pop la plus ensoleillée, comme ici avec Million Tears.




The Vaselines - Jesus Wants Me For A Sunbeam

Oui oui, on sait, c'était un des groupes préférés de Kurt Cobain. Le leader de Nirvana ne cessait d'ailleurs de reprendre cette chanson en live, notamment lors du MTV Unplugged, dans une très belle version. On ne remerciera donc jamais assez Cobain pour avoir essayé de faire découvrir au public des artistes sublimes auxquels il devait beaucoup: Daniel Johnston, Dinosaur Jr, Pixies, et donc Vaselines...
Ici on vous propose l'originale de ce superbe groupe mixte qui jouait une pop assez approximative et Lo-Fi mais toujours mélodique et réjouissante.




Belle & Sebastian - Another Sunny Day

Le groupe des coeurs sensibles et des incurables romantiques est aussi une bande de lascars qui connait sa pop sur le bout de ses doigts et sait publier des morceaux au savoir-faire mélodique impeccable. L'exemple ici même:




Galaxie 500 - Tell Me

Enfin pour finir l'un des groupes les plus fulgurants du monde. Actifs à peine 4 ans, de 87 à 91. Auteurs d'un premier album quasi-parfait (Today), d'un deuxième insurpassable (On Fire) et en enfin d'un dernier bon disque (This Is Our Music). Connu pour ses épures pop, lentes et méditatives, au son si clair qu'il tutoyait les cieux, le groupe s'écoute comme un émerveillement permanent. Là encore un très grand groupe oublié, un vrai diamant intact. Je vous laisse donc déguster ce Tell Me d'un autre monde:

lundi 6 juin 2011

The La's

Certains les appellent les "parrains de la brit-pop". Ils sont adulés à la fois par Pete Doherty, Morrissey et Noel Gallagher, qui dit de son leader qu'il est "certainement le songwriter le plus doué de notre génération"...
Non on ne parle pas des Jam, ni même des Stone Roses... Mais bien des La's, groupe fondateur mené par un illuminé tendance excentrique, Lee Mavers, responsable d'un unique album éponyme, publié en 1990.

Avec cette galette mythique, les troupes de Mavers réussissent à faire le lien entre les différents courants qui tiraillent la pop anglaise à la fin des années 80: la twee-pop (école Sarah Records) et ses douces mélodies naïves, les grands de chez Creation qui sont des styles à eux tout seuls (les fabuleux Felt, Primal Scream, J&MC, Teenage Fanclub, Pastels, j'en passe et des meilleurs...) et enfin les jeunes pousses du mouvement Madchester.
La gouaille de Mavers n'est pas sans rappeler celle d'un Ian Brown juvénile, et le don pour les mélodies pop sucrées et douces-amères du groupe convoquent les Smiths, Field Mice et autres Another Sunny Day sous leurs meilleurs jours...

Au bout du compte cet album des La's reste une réussite absolue. Pop, concis, il regorge de mélodies mirifiques et de très beaux textes amoureux, et le tout est exécuté avec une grande délicatesse (le disque est majoritairement acoustique)...

Il y a ici une fulgurance typiquement Anglaise qui n'est pas sans rappeler les plus grands jours de la pop britannique, quand fière et conquérante elle imposait ses refrains au monde. Il y a de cet esprit chez les Stone Roses et les La's, et c'est de ça que s'inspireront Oasis, Blur, Supergrass, Pulp, Suede et tant d'autres quand il s'agira quelques années plus tard de porter fièrement l'Union Jack sur sont t-shirt, sa guitare ou en première page des magazines.

Obsédants et inusables, les La's auront donc marqués l'histoire de la pop anglaise par le biais d'un seul album, atterrit qui plus est à la 30ème place seulement des charts UK à sa sortie...
Mais peu importe les ventes du moment, la pop des La's a infiniment mieux vieillit que 95% des productions de l'époque. Depuis la relative indifférence initiale, tant le public que les rock critics et les artistes n'ont cessés de réévaluer à la hausse les chansons des La's, jusqu'à les ériger aujourd'hui en monument pop national.

On en vient presque à penser parfois qu'avec un peu plus de chance (être au bon endroit au bon moment peut aider par exemple...) les La's auraient parfaitement pu conquérir le monde, comme Oasis le fera 4 ans plus tard... Si seulement le destin en avait voulu autrement. Car malgré tout son génie, Lee Mavers et ses caprices tueront dans l’œuf une formation pourtant si bien partie. Se foutant totalement d'un quelconque plan de carrière, très certainement complètement accro à l'héro, Mavers, à l'instar d'un Peter Perret ou d'un Kevin Shields, se coupe peu à peu du monde extérieur pour ne plus vivre qu'enfermé chez lui, dans sa propre galaxie, torpillant ainsi tout espoir d'avenir pour le groupe.

Peu importe au fond, l'homme a déjà suffisamment contribué à illuminer nos sombres existences avec un disque d'une beauté renversante. C'est déjà beaucoup.

The La's - There She Goes